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Articles avec #childfree tag

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11 Octobre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Le vent de tempête qui se lamente joue avec mes nerfs alors que je me trouve à l'abri dans ma cachette battue par lui. Ses assauts répétés ne me forceront pas à en sortir. Au front de la mer, je ne tomberai pas. 

 

J'écoute le chant aigu et triste du vent qui vient de la mer, le chant des disparus en elle, leurs voix stridentes qui ne se taisent pas. 

 

J'attends que cesse la cacophonie des lamentations extérieures afin que j'entende de nouveau ma plainte intérieure. 

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10 Octobre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Cet épisode pluvieux et orageux conséquent et durable (un phénomène de cette intensité et de cette ampleur, à la fois géographique et temporelle, est relativement rare) annoncé et décrit dans le bulletin de vigilance régional pour la région Sud-Est ne suffira pas à noyer mon chagrin du matin dans la tempête qui me grise déjà. 

 

L'homme commit le meurtre du silence avec ses plaintes incessantes. 

 

Elle a une pensée émue pour cette femme-écrevisse qui s'ébouillante sous la douche quotidiennement pour calmer ses démangeaisons. 

 

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9 Octobre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Tu me demandes de te concevoir mais tu es déjà conçu dans mon esprit. Trop tard, mon petit chérubin !

 

À tous les graffiteurs des villes et des champs qui colorient inlassablement les murs des bâtiments et le mobilier urbain : lisez les poètes et recopiez leurs rimes ! Ainsi, retiendrons-nous quelque chose de vos griffonnages. 

 

Mon imagination se fait un monstre des événements à venir, elle s'alarme à mon sujet, elle devine les obstacles dans les ombres de demain. 

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8 Octobre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Les jeunes mariés déguisés en figurines de pièce montée sont parés pour procréer. 

 

La pendule sonne les heures que tu ne partages pas avec moi, en grandissant auprès de moi, en imitant maladroitement mes gestes, en prenant mon attitude, en occupant l'espace libre autour de moi, en observant ce que je fais, en questionnant ce que je suis... Il est l'heure de me quitter mon petit enfant-fantôme, ce n'est  toujours pas l'heure de paraître. 

 

Un humain et son chien : un décor - animé - du spectacle de l'existence. 

 


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7 Octobre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Avec assurance, les seniors radieux, en vacances à vie, paraissent sur la scène sociale troublée. Ils sont énergiques et curieux à propos de tout. Leur appétit de vivre est féroce. Chez ces gens-là, les nécessités de la découverte ont remplacé les nécessités de la vie. Ils emploient avec un zèle soutenu leur existence oisive aux initiations de toutes sortes (ateliers de peinture, de sculpture, d'écriture, de photographie, voyages d'observations astronomiques et volcaniques, croisières musicales classiques, universités du savoir...) De toutes choses, ils deviennent les amateurs éclairés et les consommateurs avertis. 

 

Quelle audacieuse vieillesse !

 

Les nouvelles mères bercent énergiquement leurs progénitures secouées dans leurs carrosses qu'elles poussent en patinant vélocement avec des rollers. 

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6 Octobre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Au sortir de certains rêves, nous nous demandons vraiment si notre vie n'est pas une vaste comédie, une histoire sans queue ni tête. Tout ce qui peuple l'imaginaire nocturne paraît si absurde à l'esprit réveillé qu'il nie être le créateur du récit d'aventures extravagantes dont il est pourtant le héros involontaire. 

 

Au sortir de certains rêves, nous prenons soudain conscience de nos journées insuffisantes et frustrantes qui nous obligent à mener une double vie. Le temps de la veille et le temps du sommeil. Le temps solide du jour et le temps liquide de la nuit. 

 

Mon voisin, qui ressemble à un nain de jardin, règle son pas sur celui de son chien. 

 

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5 Octobre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Fillette amorale, j'ai si souvent souhaité la mort de ma mère qu'elle mourut à la fin. Yvette n'aimait pas s'imposer, légère comme une plume, elle s'éleva dans le ciel rejoindre son mari - soulevée par le vent qui la libéra de l'emprise de la maladie. 

 

Tout mon monde au Paradis, je restais seule et soulagée ; j'attendais la nouveauté qui jamais ne viendrait me distraire de mon désespoir constitutionnel. 

 

L'énergie tempétueuse de la mer me soulève le coeur. Décidément, je fais partie des terriens. N'en déplaise aux gens de la mer (faiseurs de noeuds) qui me traitent d'« éléphant ». 

 

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4 Octobre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Un brave éboueur en costume jaune fluorescent - qui zigzague dans le vent furieux - brave le gros temps pour ramasser les ordures ménagères sur la voie publique transformée en pont de navire - poisseux. 

 

Je dessine à la craie blanche sur le tableau noir de mes soucis un visage qui me sourit. 

 

Claude Monet peignait un nymphéa en un unique coup de pinceau en ne prélevant sur sa palette que deux couleurs. Vraiment impressionnant l'impressionnisme !

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3 Octobre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

L'auteur de Dino Egger (roman à paraître au mois de janvier 2011 aux éditions de Minuit) semble être enfin rassasié de la fabrication de fillettes. Cette substance plastique enfantine, il s'agit maintenant de la pétrir pour lui imposer une certaine forme. Ah ! les joies du métier de sculpteur !

 

Canal +, la chaîne impertinente de la sagesse grolandaise : "Avant d'avoir un enfant, demandez un devis."

 

Ils manifestent contre la réforme des retraites : ils descendent dans la rue pour entretenir le feu qui couve sous les cendres de l'avenir. 

 

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2 Octobre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Un scorpion, le plus primitif des Arthropodes, a trouvé refuge durant la nuit dans l'une des poches de mon pantalon que j'avais accroché à une patère. Au matin, toute guillerette, innocente proie, je décroche mon jean que j'enfile en hurlant de terreur à la vue de l'arachnide venimeux. Le bruit mat produit par la chute du corps chitineux segmenté et hideux sur le carrelage me fige le sang. 

 

Je reprends mes esprits en me demandant si je serai capable de lire les 689 pages de l'ouvrage intitulé Même le silence a une fin qui raconte les six ans et demi de captivité d'Ingrid Betancourt dans la jungle colombienne aux mains des FARC. 

 

Elle se sent épuisée de fatigue : elle n'a pas arrêté de ne rien faire. 

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