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Articles avec #childfree tag

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10 Novembre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Mon enfant à la mamelle du néant, tu parles le langage des limbes de l'absence. Cesseras-tu enfin de t'exprimer la bouche vide ?

 

Autoportrait houellebecquien : « Il puait un peu, mais moins qu'un cadavre ; [...] il ressemblait à une vieille tortue malade. [...] un vieux décadent fatigué. [...] il y avait dans son regard, [...], une passion, quelque chose d'halluciné, même. » L'auteur de La Carte et le territoire exécute son portrait par lui-même puis exécute sauvagement son personnage : « [...], mais là, de corps, à proprement parler, il n'y en avait pas. [...] La tête de la victime était intacte, tranchée net, posée sur un des fauteuils [...] » Il met fin à son existence textuelle par son meurtre abominable ainsi se débarrasse-t-il du personnage trop encombrant qu'il devient pour lui-même avec le temps. 

 

Si je ne craignais pas de me manquer, je tenterais sans tarder cette expérience d'autolyse virtuelle. 

 


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9 Novembre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Au salon Goncourt chez Drouant eut lieu l'exposition éphémère d'un visqueux et précieux rouage de la machine sociale qui fait pourtant grincer des dents. 

 

Non, Michel Houellebecq n'est pas mort décapité comme il se met en scène dans son roman mais il est mort étouffé en recevant un prix tant désiré (Une forêt de micros lui pousse sous le nez.) : il a succombé sous l'écrasante population médiatique qui lui grimpe sur le dos. Cela se nomme le prix de la gloire ! 

 

L'auteur de La carte et le territoire marmonna d'une voix traînante : « Je suis surpris physiquement parce qu'il y a beaucoup de gens, que je me sens oppressé. » Nous ressentîmes la même impression de malaise lorsque nous le lisions. 

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8 Novembre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

l'atopique a des

réactions épidermiques

attention ça pique !

 

l'allergique s'offre

quelques pauses hypnotiques

cure somatique

 

les filles d'Éric

Chevillard applaudissent un 

prix de Houellebecq

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7 Novembre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Son existence humaine est une longue déploration de toutes les angoisses qu'elle s'imagine ressentir.

 

Tous ces actes regrettables que nous commettons entament notre confiance semblablement aux vapeurs acides émises par un volcan qui dissolvent la roche. 

 

Bienheureux les poètes qui savent dénicher la poésie au sein de ce monde dépoétisé. 

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6 Novembre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Ma transformation la plus spectaculaire fut mon embryogénèse. 

 

— Vouloir un enfant est un désir élémentaire.

— Non : ce qui est élémentaire, c'est l'atome !

 

Au cimetière, qu'il s'agisse des tombeaux de squelettes ou de cendres, la poussière des corps enterrés ou incinérés irritera toujours nos yeux qui pleurent. Nous laisserons couler nos larmes sales en oubliant nos chers absents que nous ne regrettons déjà plus car nous sentons la douleur du présent qui nous serre le coeur. Nos jours s'écoulerons dorénavant sans nos disparus. Nous resterons vivants à attendre notre tour.

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5 Novembre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Imaginez que vous ayez un métabolisme cérébral du glucose différent des autres personnes, vous pourriez présenter des symptômes d'accumulation compulsive, vous amasseriez ou ne jetteriez pas un grand nombre d'objets inutiles même si leur accumulation causait des inconforts majeurs. Votre foyer se transformerait en musée de la consommation. Vous combleriez un sentiment artificiel de manque que crée la publicité. Vous ne seriez plus malheureux car vous ne vous déposséderiez plus de rien. Vous souffririez de syllogomanie : la chimie de votre cerveau vous changerait en amasseur. 

 

N'oublions pas que nous ne sommes que le résultat de ce qui opère en nous à notre insu. 

 

Nous ne sommes ce que nous sommes seulement parce que nous sommes. 

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4 Novembre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Heureux ceux qui chaque matin s'élancent dans le monde de leurs certitudes alors que d'autres tâtent de la réalité incertaine. 

 

Les Variations Goldberg de Johann Sebastian Bach qu'interprète Glenn Gould transforment la pensée en ruban de Möbius : l'âme éprouve à l'infini.

 

Elle déplore son incapacité à déployer toute son énergie. Ses habitudes de paresse qui l'empêchent de concevoir un enfant. Une stérilité de tous les instants. 

 


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3 Novembre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Le jour des trépassés me sembla être peuplé de trop nombreux vivants. 

 

Elle assiste à la crémation de son mari qu'elle ne supportait plus à cause de la maladie qui fit de lui un étranger indésirable et gémissant. Elle récupère l'urne cinéraire encore chaude ; puis elle la transporte chez elle sur ses genoux, puis elle la secoue par la fenêtre au vent qui disperse les cendres de son époux qui retombent dans le jardin où jouent ses petits-enfants. 

 

Paix à ses cendres amusantes !

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2 Novembre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

gonflent les paupières

dans la chambre funéraire

comme une glaciaire

 

le défunt roupille

conservé pour sa famille

en pleurs qui l'houspille

 

en ce jour funeste

on ne fera pas la sieste

garde la tristesse

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1 Novembre 2010 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Je marche sur la plage humide, la mer rugit et déferle puissamment, je me récite une phrase de François Roustang au milieu de ce boucan d'enfer : C'est sur la plage de la perceptude, à la fois finie et sans limites, que va se découper la perception discontinue et partielle. Je me sens prête à laisser glisser mes peurs le long de mon corps mais je glisse sur un banc de méduses mauves qui ont échoué à la côte. 

 

Il aura suffit d'un geste maladroit pour que je ne mette pas fin à la plainte et que je trépigne maintenant de colère en écrasant ces satanées méduses. 

 

Le pire serait de ne pas s'y attendre au pire.  


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