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Articles avec #childfree tag

Symptôme

22 Décembre 2016 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree, #littérature

Il s'agirait de penser le symptôme, non plus comme un objet à circonscrire et à réduire, mais comme un arrêt, une défense engendrée par la peur de la vie, une isolation dans un ensemble, une crainte de voir l'énergie circuler dans notre corps et au sein de nos relations aux êtres et aux choses.

François Roustang — La fin de la plainte — Odile Jacob (livre réparé)

Marie observe son symptôme comme elle observerait une bête curieuse. 

La peur lui tient compagnie ainsi que le ferait un animal domestique. 

Personne ne peut lui nuire autant qu'elle-même. 

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Scène de café

20 Décembre 2016 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #littérature, #childfree

(Au café, assise sur une banquette, Marie écrit dans son carnet)

LE CAFETIER (voix forte). — Je me demande ce que vous êtes en train d'écrire... 

MARIE (voix nette). — J'écris l'histoire d'un tenancier d'un débit de boissons qui interroge une cliente durant qu'elle boit son double expresso et qu'elle écrit dans son carnet... 

LE CAFETIER (voix dépitée). — C'était juste pour vous faire la conversation... 

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Présence sur Zone Critique

30 Septembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree, #littérature

Je vous signale ma présence régulière sur le site Zone Critique.

Heureuse lecture ! 

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En attendant Lorette Nobécourt... Je lis.

12 Août 2013 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Cette adresse : « En vivant, en écrivant », 7 rue du Portail Neuf, 26220 Dieulefit, m'intrigue. Je parcours des yeux les dos des livres de mes bibliothèques à la recherche, inconsciente, d'un titre : je découvre un livre intitulé : En vivant, en écrivant, écrit par Annie Dillard aux éditions Christian Bourgois Éditeur. Il me fut offert par une amie que j'ai délaissée aujourd'hui depuis de nombreuses années. Elle me le dédicaça affectueusement : « À ma douce amie, M. » Ce livre comporte les stigmates de ma lecture passée : de profondes marques de stylo-bille salissent les pages en soulignant certaines phrases ou en entourant des paragraphes entiers. Des mots ont été recopiés dans les marges par ma main. Quelle trouvaille ce livre, quelle joie de se livrer aux délices de la serendipité ! Quand le hasard rejoint la nécessité tout est dévoilé.
« L'oreille du lecteur doit se déshabituer de la vie tonitruante pour saisir les sons subtils et imaginaires du mot écrit. » remarque Annie Dillard. Puis elle ajoute : « Qui qualifierait de bonne une journée passée à lire ? Mais une vie passée à lire — voilà une bonne vie. » Et précise : « Pourquoi lisons-nous, sinon dans l'espoir d'une beauté mise à nu, d'une vie plus dense et d'un coup de sonde dans son mystère le plus profond ? »
Combien de temps encore me détournerai-je de mon vide ? Est-ce que je l'affronte vraiment en lisant ?
Si effectivement, « Il est aisé, après tout, de ne pas être écrivain. La plupart des gens ne sont pas écrivains et il leur arrive fort peu de malheurs. » selon Julian Barnes dans son livre intitulé Le perroquet de Flaubert, je peux alors me contenter de mes lectures pour habiter avec moi-même et oser occuper mon propre espace.
Ces lectures qui distillent en moi le poison de la liberté. J'ai chu de ma falaise intérieure pour m'écraser ensuite au fond de l'impasse où je trouve ce que je ne cherche plus : l'illumination de mes ténèbres. Je résous mes énigmes existentielles en lisant. Mais que fais-je en n'écrivant pas ? Qu'attends-je ? Pourquoi rester sourde au son de ma propre langue ? Ai-je tenté d'éteindre en moi depuis des années le feu de la vie pour que cesse la souffrance ? Je m'approprie plus aisément la pensée des écrivains dont je choisis de lire les œuvres que je ne m'assimile ma propre personnalité. Pour quelles raisons devrais-je écrire alors ? Est-ce que je freine mon élan vital en me retenant d'entamer un digiscript par l'ouverture d'un nouveau document sur ma tablette magique ?
Ne suis-je donc pas encore parvenue à m'approprier mon propre corps pour ne pas éprouver le besoin impérieux de m'approprier ma langue maternelle ? La langue de ma mère morte... Ma langue morte.

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Extrait d’acte de décès n°29

31 Juillet 2013 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Le onze août 1971 à douze heures trente est décédé à Gap (Hautes Alpes), André, mon père, âgé de 43 ans. Il fut la victime d’un chauffard ivre qui provoqua un accident de voiture. J’avais onze mois et mon frère presque quatre ans. Mon père, cet inconnu que j’invente forcément : un homme austère, de grande taille, silencieux, qui cessa d’exercer en tant que clerc de notaire pour planter des peupliers au cœur d’un marais asséché qu’hantent les taons bourdonnant au-dessus des canaux noirs et tristes. Un homme qui ne riait pas, dont le beau front plein de noblesse fut écrasé lors d’un banal accident de la route où il perdit la vie. Un homme qui ne devinerait plus jamais l’inquiétant friselis des feuilles au haut de ses fiers peupliers songeurs auxquels il ressemblait. Son absence brutale plongea ma défunte mère dans une profonde mélancolie. Il nous laissa toute sa bibliothèque qui envahit progressivement mon existence. Ce fut déjà l’installation d’un haut meuble regorgeant de livres dans ma chambre d’enfant. La clef dorée qui fermait les portes vitrées. Le grincement des portes à chaque ouverture. L’odeur de renfermé mêlée à celle de moisi des livres. Les dos de cuir avec leurs titres en lettres d’or. Les toucher d’abord en les comptant. Grandir ensuite. Puis les ouvrir ces livres. Enfin, regarder à l’intérieur de leur chair blanche. Commencer à oublier de s’ennuyer. Débuter la lecture offerte à ma curiosité. J’oubliais la durée des heures pendant que je lisais. Le temps des mots devint le temps de l’épanouissement. Quelque chose s’apaisait en moi quand je découvrais la parole écrite par l’écrivain. Mes yeux ne voyaient plus les larmes maternelles, ils soupçonnaient dans l’encre d’imprimerie d’autres douleurs et d’autres joies. Mon père ce héros littéraire.

 

 

 

Texte initialement rédigé dans le cadre du dossier sur l'écriture de soi dirigé par Mathieu Simonet, écrivain.

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En attendant Lorette Nobécourt...

10 Juillet 2013 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

L’enveloppe est prête avec l’adresse du destinataire :
« En vivant, en écrivant »
7 rue du Portail Neuf
26220 DIEULEFIT

Le timbre est collé : « les mots c’est la vie » (Ben)

Mon tampon d'adresse au dos...

À l’intérieur un chèque d’arrhes d’une valeur de 100€. Un post-it aussi confirmant la date à laquelle je réserve ma place pour participer à l’atelier d’écriture organisé et animé par l’écrivain à la Roche-Saint-Secret, dans une ancienne ferme avec piscine, au cœur des collines drômoises.

Je lis le programme : « l’écriture est un apprentissage de la perte » « l’infini n’a de source que dans la limite » « il faut avoir clos en soi tous les rêves pour que l’absolu se dévoile » « en ce sens, l’écriture est thérapeutique » « ce sont plutôt des ateliers de perception du monde par le verbe » « écrire, c'est percevoir, "percer à jour le voir" » « c'est un outil de connaissance de soi » « j’explique que l’idée, au fur et à mesure, est de casser les conventions et les clichés pour apprivoiser sa propre langue »

Quand on est une lectrice avertie, on ne s'étonne plus de ces écrivains dont les œuvres viennent percuter de plein fouet sa propre existence, leurs histoires qui télescopent la sienne propre, l'invasion absolue de leur verbe dans son territoire de mots, l'opulence de leur solitude face à la maigreur de sa vie sociale. Leur tatouage spirituel sur sa peau psychique. L'immensité de leur présence au sein de sa propre vacuité.

Je m'aperçois comment je suis modelée par leurs phrases, de quelle façon leur verbe se fait chair en moi-même. À quel point ils me fabriquent ces écrivains. Le corps de leurs textes comme l'hostie que j'avale pour accueillir leur puissance. Grâce a cette communion, leur œuvre grandit en mon sein et me transforme.

Que vais-je rechercher à la Roche-Saint-secret ? De la nouveauté ? Suis-je tentée par le bonheur ? Oserai-je espérer inventer une langue dont j'ai le secret ? Au mois d'octobre au cœur des collines drômoises la vérité éclatera ou pas.

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Le Mensonge

29 Juin 2013 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Avouer un mensonge, c'est admettre qu'on a menti et accepter de révéler cette prise de conscience. Rechercher en soi un mensonge commis, c'est se ressouvenir de soi qui interagit avec l'autre, l'inconnu, l'étranger. Avouer un mensonge, c'est ne plus être seule soudain. Et si le mensonge se cachait au cœur même de la relation avec autrui... Et si "le leurre de la compréhension réciproque irrémédiablement basé sur la vide abstraction des mots" était le mensonge que je révélerais ici dans le cadre du dossier sur l'écriture de soi. Le mensonge de la vérité placée hors de soi. L'impossibilité de la saisir cette vérité. L'incommunicabilité, l'incompréhension radicale entre les êtres ou comment être crédible face à l'intellection de son prochain. Souvent, je cherche à me revoir en l'autre et non pas à le rencontrer cet autre que moi-même. Je l'enveloppe avec ma peau psychique jusqu'à l'étouffer. J'interprète ce qu'il est selon mes valeurs et mes peurs. Je ne perçois de lui que ce que j'imagine qu'il est. Son altérité me gêne si je ne parviens pas à l'englober tout entière avec mon identité.  Je voudrais mettre fin à ce mensonge dans ma relation avec autrui afin que je puisse enfin être autrement que moi-même. 


Texte initialement rédigé dans le cadre du dossier sur l'écriture de soi dirigé par Mathieu Simonet, écrivain. 

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Pornographia, voyage sans amarres au bout du ressouvenir.

10 Juin 2013 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

À la manière d’un entomologiste qui publierait ses souvenirs entomologiques, Jean-Baptiste Del Amo avec son roman Pornographia, publié aux éditions Gallimard, livre ses observations des êtres vivants dans leur biotope. À ses risques et périls, il est solidaire avec les êtres déchus qu’il étudie en s’impliquant dans leur monde : « Je ne tarde pas à me laisser gagner à nouveau par le besoin de ce corps dont chaque pas me nie, dont je devine l’épaisseur et la densité et le roulement des muscles et le bouillonnement du sang et la chaleur et la convulsion des tripes et le suintement des glandes et l’écoulement de sueur, de salive, de bile et de sperme ; la vie même, le parfait agencement de ces chairs élevées en une cathédrale de fluides et d’organes, en un petit dieu de misère. » Animé par la curiosité du chercheur, l’auteur de cette littérature viscérale et excrétoire vide les corps de ses fluides et parties molles dans la sexualité comme dans la mort pour assurer la conservation du caractère sacré de la sensation vitale. Il n’est que l’imaginaire et la plume acérée de ce jeune écrivain pour esthétiser l’abominable, pour célébrer l’intolérable : « Les habitants de cette ville y naissaient dans l’ignorance de ce qui avait pu mener leurs ancêtres à s’y établir. Ils y grandissaient dans l’incompréhension de ce qui avait poussé leurs parents à y demeurer. Ils y mourraient enfin dans l’hébétude d’une existence dérisoire, laissant derrière eux une descendance repoussant toujours plus loin les limites de l’ignorance, de l’incompréhension, de l’hébétude, au point que la ville, pour qui la traversait à quelques décennies de distance et en aurait gardé un souvenir même vague, semblait franchir d’une époque à l’autre une étape nouvelle et improbable dans la barbarie et l’abjection. » Le lecteur subjugué expérimente la sensualité de l'effleurement des pages blanches du roman de Jean-Baptiste Del Amo, maculées de mots élégants et raffinés qui signifient le pourrissement d'une humanité qui est la sienne propre mais qui subit une transformation alchimique : on devient le témoin épuisé d’un changement de son esprit qui atteint la vérité de soi et des autres. Le giton (« Il a élevé sa beauté en une forteresse inatteignable du haut de laquelle le consacre mon regard et il me toise des remparts où siège son âme. »), qui a deux trous rouges au côté droit, est donné en sacrifice au dieu de la nature (on entend Le sacre du printemps de Stravinsky en lisant Pornographia) alors que le narrateur connaît le mystère de la transsubstantiation (larve apathique, il vit le miracle de la métamorphose). On assiste à la réconciliation du jeune homme égaré dans la ville avec son passé qu'on découvre de putain. Le corps pourrissant du giton qu'il recherche désespérément ainsi que l'apparition du grand sphinx à tête de mort sont  autant d'évocation de l'acceptation de son enfance prostituée : « Lorsqu'il prend son envol, je le vois s'élever dans la pénombre de la chambre puis s'échapper par la fenêtre et je reconnais sur son thorax mon propre visage ou celui de tous les gitons que cette ville a jamais portés en son sein. » L'élégance de l'art de Jean-Baptiste Del Amo bouleverse et captive d'autant plus quand on a eu la chance d'assister à une lecture de ses propres textes par lui-même au sein d'un ancien couvent des Ursulines transformé en Cité Internationale de la Danse (Agora de Montpellier), accompagnée par la musique et la voix émouvantes d'un violoncelliste (Grandgambe) et les gestes d'un danseur au regard insoutenable (Sorhâb Chitan, Timeless Ballet). La voix claire, vibrante et rassurante de l'écrivain guide le spectateur de cette performance à travers les mots qui choquent maintenant face au public (des gens non-avertis sortent en refusant d'entendre) mais qui émeuvent aussi (des spectateurs initiés ont les yeux humides). Le maître de cérémonie Jean-baptiste Del Amo ouvre une brèche dans l'ordonnance du monde intime de ses lecteurs-auditeurs-voyeurs qu'il emmène avec tendresse à l'orée d'une nouvelle vision de la littérature. 


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Au fil des murs...

19 Mai 2013 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Au fil des murs, au fil des gens, je circule allégrement au sein du réseau social, sur les pages bleues et blanches qui glissent sous mes doigts impatients. Ma curiosité chaque jour est récompensée : la connaissance au bout de mes doigts vifs. Au hasard des vents profonds, je découvre d'autres esprits que le mien (âgé de 42 ans). Je surprends un visage sur une vidéo de l'INA (Institut National de l'Audiovisuel), partagée par un ami virtuel, celui de Serge Reggiani qui récite un poème de Charles Baudelaire : "Enivrez-vous". La joie arrive et les larmes jaillissent. Je m'élève en écoutant ces paroles : "Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise." Mes poils se dressent sur mes bras, le bonheur m'inonde comme la vague surprenante qui vient se briser sur mon corps imprudent et somnolent. J'existe totalement ! Maintenant !
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Le rêve éveillé du funambule. Impressions de lecture.

8 Mai 2013 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Guidé par la plume du jeune écrivain Clément Bénech, tel un félin sur la plus haute branche le jeune homme, héros de L'été slovène, dénommé « mon chat » (« Ça irait mieux, lui dis-je, si tu m'appelais un jour par mon prénom ») observe le monde avec ses yeux perçants et amusés : « C'est vrai, répondis-je froidement, c'est vrai que je suis un assez bon exemple d'un garçon tel que moi. » Un univers nouveau s'offre à lui puisqu'il voyage en territoire inconnu aux bras d'Éléna, « dont l'infantile n'avait jamais été le créneau », un mètre quatre-vingt-huit. Le lecteur souriant assiste au parcours intime des deux étudiants, jalonné d'indices de désamour, d'images percutantes de la désillusion, au romantisme amer mais joyeux. « Tout a l'air parodique avec toi, dit-elle. » « Tu sais bien que pour moi, tout ça n'existe pas, lui répondis-je, je ne crois pas que ça existe. » Il n'est que dans le rêve que l'étudiant préparant une thèse sur le lien en géographie s'y retrouve, qu'il sait donner une « importance symbolique » aux événements : le rêve du concept de linceul déclenché par la peur de la conduite automobile, le rêve du château suite à la visite au poste de police, le rêve de la baignoire survenant après une vision effrayante au centre aquatique (« On est passés devant un long miroir et je nous ai vus tout flasques, tout blanchâtres, tout morts »). Éléna quant à elle, après qu'ils aient fait l'amour, rêve d'une fille qui beugle. « Seulement (comme dans certains rêves où les choses sont remplacées par leur concept), je ne me serrais pas contre elle, non, je ne me serrais pas contre elle mais contre la fin de notre histoire. » La joie n'éclaterait-elle que dans le songe ? L'émerveillement n'envahirait-il que le dormeur ? Car « le dormeur n'en veut à personne ». La gaieté et l'espièglerie du narrateur qui somnambule dans L'été slovène de Clément Bénech aux éditions Flammarion ont la gravité de l'enfance. On apprend une leçon de vie à la lecture de ce roman : « Je me laissai aller à prendre tout ceci à la légère. »

 
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