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10 Mai 2011 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Commençons une expérience chevillardesque qui consiste à relever la dernière phrase de chaque livre, qui s'articule par force avec la première de celui qui le suit sur le rayonnage de ma bibliothèque : Et quand ils le voyaient qui rampait honteusement pour essayer de se glisser entre eux, ils abaissaient vivement leurs mains entrelacées et, tous s'accroupissant ensemble autour de lui, ils le fixaient de leur regard vide et obstiné, avec leur sourire légèrement infantile. (*) Dans cette prison surpeuplée, dont chaque cellule abrite une souffrance, parler de soi est comme une indécence. (*) Il faut qu'ils sachent pourtant ce qui se fait ici EN LEUR NOM. (*) Nous avons coutume ici d'accueillir des enfants, c'est-à-dire de les mettre au monde comme ailleurs on capture des éléphants sauvages. (*) Fermez la porte et ouste ! ordonne le nain assis sur son pot dans le cabinet au géant qui en prend toute la place. (*) Je suis dans la chambre de ma mère. (*) Il ne pleuvait pas (*) 

 

Finissons l'expérience en constatant à quel point la pensée humaine peut être cohérente et complémentaire. Au sein du désordre de ma bibliothèque règne l'ordre de la conscience littéraire qui veille sur nous, bienheureux lecteurs. 

 

Ô blog ! éteins ta flamme jusqu'à samedi. 

 

(*) Aux éditions de minuit, Nathalie Sarraute, Tropismes ; Henri Alleg, La question ; Eugène Savitzakaya, Marin de mon coeur ; Samuel Beckett, Molloy. 


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