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Voir le monde

21 Juillet 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

En un éclair, il m'a semblé voir le monde, enfin : un bordel étouffant, dirigé par un tenancier ivre.

La Somnolence — Jean-Pierre Martinet — Finitude

Marie boirait volontiers un verre de cidre. 

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Mon cher

20 Juillet 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

Je n'ai même plus conscience de mon propre corps. A la marée montante, la mer vient me baigner comme un rocher. Je n'ai pas plus de problèmes, mon cher, que si j'étais une algue, ou un coquillage. Je ne souffre plus.

La Somnolence — Jean-Pierre Martinet — Finitude

Marie respire avec le ventre. Elle s'apaise. 

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Création

19 Juillet 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

les hommes ne sont que des parasites momentanés sur le corps gelé de la création

La Somnolence — Jean-Pierre Martinet — Finitude

Marie a une vision précise de la scène de crime. 

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Voix

18 Juillet 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

Peut-être que, lorsque le jeune homme ne sera plus qu'un squelette avec quelques lambeaux de chair par-ci par-là, le disque continuera à tourner. Et peut-être qu'un jour, ce jour béni où toute vie aura disparu de la planète, où il n'y aura plus ni amour ni haine, ni hommes, ni animaux, ni plantes, ni cailloux silencieux, ni terre grasse et molle, odorante les jours d'été, hargneuse les jours d'hiver, mais seulement un désert glacé et muet, alors, oui, peut-être, ce jour-là, une voix, surgie des époques disparues, chantera encore :
« Be not afeard — the isle is full of noises,
Sounds, and sweet airs, that give delight and hurt not... »

La Somnolence — Jean-Pierre Martinet — Finitude

Marie chantonne. 

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Dégoût

17 Juillet 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

Le visage de l'homme me dégoûte tellement que je me désintéresse totalement de ce qui peut arriver à ceux que l'on appelle mes semblables.

La Somnolence — Jean-Pierre Martinet — Finitude

Marie sourit en regardant les visages juvéniles des Bleus. 

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Vivre

16 Juillet 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

Mourir est interdit. On vous répète sans arrêt : « Il faut vivre, il faut vivre... » Certains affirment que la vie est bonne et douce, qu'il faut tout réapprendre. Il faut regarder les feuilles pousser sur les arbres, il faut regarder les chevelures, les enfants, les animaux. Je ne sais pas. Pour moi, la vie n'est plus qu'une rumeur, au loin, une vision aussi imprécise qu'un songe.

La Somnolence — Jean-Pierre Martinet — Finitude

Marie observe sa souffrance se préciser. 

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Mots

15 Juillet 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

Les mots restent des mots. Ils n'ouvrent pas des portes fabuleuses.

La Somnolence — Jean-Pierre Martinet — Finitude

Marie cherche ses propres mots. 

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Monde atroce

14 Juillet 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

Peu de temps avant sa mort, mon père a griffonné à la hâte sur un pan de mur ces mots : monde atroce, torturant, trop étroit pour mon cœur, baraque de foire, lieu de honte.

La Somnolence — Jean-Pierre Martinet — Finitude

S'il me restait encore un peu de force, je tracerais sur le sable ces mots qui avaient accompagné mon père dans la mort : Monde atroce, torturant, trop étroit pour mon cœur, baraque de foire, lieu de honte...

La Somnolence — Jean-Pierre Martinet — Finitude

Ces mots du poète russe Alexandre Blok, sur lesquels se termine La Somnolence pourraient résumer le climat de ses livres : « Monde atroce, torturant, trop étroit pour mon cœur, baraque de foire, lieu de honte. »

Dictionnaire des écrivains contemporains de langue française par eux-mêmes — sous la direction de Jérôme Garcin — Mille et une nuits

Marie se répète pour aimer mieux encore. 

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Repos

13 Juillet 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

Comme je voudrais être à la place du mort, là sur ce lit, sans autre effort à fournir qu'à me décomposer lentement sous le regard de Dieu.

La Somnolence — Jean-Pierre Martinet — Finitude

Marie ignore les ciels étoilés estivaux. 

Elle préfère se réfugier à l'abri de ses bibliothèques. 

Paresseuse mais studieuse. 

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Dieu

12 Juillet 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

Et si Dinah avait raison ? Si le Paradis était vide ? S'il n'était qu'un désert morne et glacé arpenté depuis des siècles et des siècles par un avorton maussade que certains appellent Dieu ?

La Somnolence — Jean-Pierre Martinet — Finitude

Marie craint Dieu évidemment. 

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