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Épidémie

31 Mars 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

Nous étions en août, et les fortes chaleurs ne permettaient pas d'espérer une amélioration rapide de la situation. En effet l'épidémie s'aggrava, tandis que la famine faisait son travail ordinaire. Les gens mouraient par milliers et nul ne les pleurait, car à côté de leurs cadavres encore chauds, la mort étouffait la voix de leurs proches.

Mary Shelley — Le dernier homme — Gallimard

Marie ressent cet étouffement. 

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Peur

30 Mars 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

Nous n'avions aucune raison d'avoir peur et de fait nous n'avions pas peur. Mais naissaient en nous une sorte d'horreur, une poignante perplexité, et le sentiment douloureux d'une destruction de l'humanité. La nature, notre mère et notre amie, avait tourné vers nous un visage menaçant.

Mary Shelley — Le dernier homme — Gallimard

Marie regarde en face ce visage menaçant tourné vers elle. 

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Sphinx

29 Mars 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

Étrange système, énigme du Sphinx, ô combien terrifiante, qui veut que l'homme demeure, tandis que les individus passent ! Tel est, pour reprendre les paroles de l'éloquent philosophe, « le mode d'existence prescrit à un corps permanent composé d'éléments transitoires ; dans lequel, grâce aux dispositions d'une stupéfiante sagesse, la grande constitution mystérieuse du genre humain se fonde en un tout qui n'est jamais à un moment donné, ni vieux, ni adulte, ni juvénile mais évolue, dans un état de constance immuable, selon un cycle perpétuel de dégénérescence, de destruction, de rénovation et de progression ».

Mary Shelley — Le dernier homme — Gallimard

Marie perçoit à quelle point cette énigme est terrifiante et dérangeante. 

Elle qui rompt ce cycle perpétuel grâce à son infécondité volontaire. 

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Progéniture

28 Mars 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

Quel bonheur pour Idris et pour moi de voir que la franchise qui s'inscrivait sur le front d'Alfred, l'intelligence qui se lisait dans ses yeux, la sensibilité de ses propos n'étaient pas des illusions, mais des indices de talents et de vertus réels, qui s'affirmeraient avec l'âge et se nourriraient de sa force. Quand meurt l'amour de l'animal pour sa progéniture, c'est alors que l'affection véritable naît chez les parents. Nous cessons de considérer cette partie la plus chère de notre être comme une plante fragile à protéger ou comme une distraction pour nos moments de loisir. Nous nous appuyons désormais sur ses facultés intellectuelles, nous fondons nos espoirs sur ses qualités morales.

Mary Shelley — Le dernier homme — Gallimard

Marie fonde ses espoirs sur l'approfondissement de son désespoir. 

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Amour maternel

27 Mars 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

Idris, la plus attentionnée des épouses, des sœurs et des amies, était une mère tendre et aimante. L'amour maternel n'était pas pour elle un passe-temps, comme pour beaucoup, mais une passion.

Mary Shelley — Le dernier homme — Gallimard

Marie ne connaîtra jamais cette passion ni ce passe-temps. 

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Adieu à la mer !

26 Mars 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

Une de mes premières actions pour reprendre tant soit peu mes esprits fut de dire adieu à la mer. Son détestable clapotis me faisait irrémédiablement songer à la mort de ma sœur ; son grondement était un hymne funèbre ; dans chaque coque sombre qui tanguait sur ses flots inconstants, je voyais un cercueil qui conduirait à la mort tous ceux qui se fiaient à ses sourires félons. Adieu à la mer !

Mary Shelley — Le dernier homme — Gallimard

Marie voudrait aussi parfois dire adieu à la mer. 

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Tyrannie

25 Mars 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

Je sentis que ma sœur ne m'écoutait plus avec autant de patience maintenant que je la rappelais à ses devoirs quotidiens. Elle me soupçonnait de vouloir la consoler, et sa peine toute neuve, que déjà elle chérissait, se révoltait à cette idée. « Vous parlez du futur, dit-elle, alors que seul le présent existe pour moi. Aidez-moi à trouver où repose mon bien-aimé ; arrachons-le à la poussière commune, afin qu'à l'avenir les hommes puissent se recueillir sur sa tombe sacrée et se l'approprier — ensuite, je pourrai me tourner vers d'autres pensées, une autre forme d'existence, ou tout ce que le destin, dans sa tyrannie cruelle, a prévu pour moi. »

Mary Shelley — Le dernier homme — Gallimard

Marie reconnait cette peine qu'elle chérit et cette tyrannie du destin qu'elle subit. 

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Rougeoiements

24 Mars 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

De lourdes masses nuageuses dérivaient en provenance du sud-est, et les derniers rougeoiements du soleil jaillissaient de leurs bords noirs. Le vent dérangeait les vêtements des morts et glaçait la peau des vivants. Les ténèbres s'épaissirent autour de moi et les objets devinrent indistincts. Je quittai mon poste d'observation et pris soin de ne pas laisser mon cheval piétiner les cadavres.

Mary Shelley — Le dernier homme — Gallimard

Marie admire les tableaux littéraires composés sous la plume de Mary Shelley. 

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Remède

23 Mars 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

Mais chaque jour paraissait changer la nature de sa souffrance, et chaque heure modifiait (si je puis ainsi m'exprimer) le vêtement endeuillé de son âme. Pendant un moment la musique parvint à satisfaire sa soif d'émotions ; ses pensées mélancoliques variaient à chaque nouvelle tonalité, et au moindre changement d'octave. Sous mon influence elle se tourna vers la lecture, et si la musique avait été la nourriture de son chagrin, les productions des sages en furent le remède.

Mary Shelley — Le dernier homme — Gallimard

Marie le porte ce vêtement de deuil qu'elle n'ôte jamais. 

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Calamités

22 Mars 2018 , Rédigé par Estelle Ogier

Les événements qui suivirent lui montrèrent qu'elle n'avait pas encore mesuré la profondeur du gouffre dans lequel elle était tombée. Chaque jour son malheur prenait une forme nouvelle ; chaque jour quelque fait inattendu ajoutait un maillon à la chaîne de ses calamités.

Mary Shelley — Le denier homme — Gallimard

Marie frissonne de plaisir et s'interroge. 

 

 

 

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