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Silence

31 Mai 2016 , Rédigé par Estelle Ogier

Le passant durant sa balade matinale saisit dans l'air le silence assommant qui règne aux abords de la demeure du couple bagarreur.

Il jette un œil inquiet vers le couple invisible.

Son célibat, au passant, lui paraît soudain terrifiant.

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Éclats de voix

30 Mai 2016 , Rédigé par Estelle Ogier

Le passant durant sa promenade matinale saisit dans l'air des éclats de voix lors d'une dispute conjugale.

Il jette un œil indiscret vers le couple qui s'entre-déchire.

Son célibat, au passant, lui paraît soudain moins pesant.

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Marche

29 Mai 2016 , Rédigé par Estelle Ogier

Marie marche des heures durant pour échapper aux mâchoires de l'inquiétude qui claquent et dont le bruit perturbe sa vie quotidienne.

Elle avance péniblement dans le sable mou qui empêche sa progression.

S'enlisera-t-elle dans la quotidienneté ?

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Ondes

28 Mai 2016 , Rédigé par Estelle Ogier

(En vérifiant la connectivité réseau de leurs i-Machin.)

ELLE (tapotant avec un doigt sur la vitre de son i-Machin finition or rose). — Tu perçois ?

L'AUTRE (glissant avec un doigt sur la vitre de son i-Machin finition gris sidéral). — Oui, je capte !

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Torsion

27 Mai 2016 , Rédigé par Estelle Ogier

(Devant une vitrine de la galerie.)

LA VISITEUSE-ACHETEUSE. — Je voudrais vous demander pour quelle raison le peintre a-t-il dessiné un corps aussi tordu ?

LA GARDIENNE (du temple des tordus). — J'imagine que la distorsion que le créateur imprime aux corps de ses créatures est semblable aux torsions cosmiques qui déforment ses pensées.

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Mécanique du pire

26 Mai 2016 , Rédigé par Estelle Ogier

Illusion ! Trompe-l'œil ! Le nombre n'y fait rien, ils y passeront tous, tant qu'ils sont. Les temps mauvais sont sur nous, les hommes mécanisés arrivent. Ce que l'on verra alors, je n'en sais rien, je ne tiens même pas tellement à le savoir. Je sais seulement que si vous avez quelque chose qui vous tient tant soit peu à cœur, autant en faire votre deuil dès maintenant, parce que tout ce que vous avez connu se disloque, s'effondre et finira en gadoue, dans le crépitement ininterrompu des mitrailleuses.

Georges Orwell — Un peu d'air frais — Éditions Ivrea

Vous lisez cela en pensant à cette guerre intérieure, personnelle, intime que vous menez chaque jour contre vous-même.

Vous évoquez le chaos indescriptible que vous pressentez advenir.

Vous n'oublierez jamais que l'Homme invente la souffrance.

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Encore plus solitaire

25 Mai 2016 , Rédigé par Estelle Ogier

Marie veut mettre à exécution son projet d'orgie de lecture quant à l'œuvre chevillardienne publiée aux éditions étoilées.

Elle fouille la Toile pour trouver le lieu idéal où poser sa pile de livres. Elle cherche un endroit secret où elle se sentirait protégée pour débuter son expérience solitaire.

Comme si elle n'était pas déjà assez seule Marie.

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Refoulement

24 Mai 2016 , Rédigé par Estelle Ogier

Tout ça va arriver : toutes les pensées que vous refoulez soigneusement au fond de votre esprit, tous vos motifs de terreur, toutes ces choses dont vous vous dites qu'elles ne sont que des cauchemars, ou qu'on ne les verra jamais se produire en Angleterre. Les bombes, les queues pour la nourriture, les matraques, les barbelés, les chemises de couleur, les slogans, les visages énormes sur les affiches, les mitrailleuses qui crépitent aux fenêtres des chambres à coucher. Tout cela va arriver. Je le sais — du moins, je le savais à ce moment-là.

Georges Orwell — Un peu d'air frais — Éditions Ivrea

On ne peut échapper à la lucidité orwellienne : extraordinaire.

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Cochons

23 Mai 2016 , Rédigé par Estelle Ogier

C'est à ce moment que je vis quelque chose d'extraordinaire. A l'autre bout de la place du marché, la Grande rue amorce une légère montée. Et un troupeau de cochons dévalait la pente — un déferlement sans fin de museaux porcins. L'instant d'après, bien entendu, je compris : c'étaient tout simplement les enfants des écoles avec leurs masques à gaz.

George Orwell — Un peu d'air frais — Éditions Ivrea

Ces visions orwelliennes qui vous brûlent les yeux et l'esprit.

Les voyez-vous vous aussi ?

Inoubliables, n'est-ce pas ?

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Angelots

22 Mai 2016 , Rédigé par Estelle Ogier

Il était immense, dans les dix hectares, j'imagine. Un nouveau cimetière a toujours quelque chose de factice qui fait qu'on s'y sent mal à l'aise — les allées de gravier d'un blanc cru, le gazon trop jeune et les angelots de marbre fabriqués en série qui ont l'air arrachés à un gâteau de mariage.

Georges Orwell — Un peu d'air frais — Éditions Ivrea

Cet art orwellien de la description qui vous transporte dans un autre monde que le vôtre où vous ne serez jamais laissée seule mais toujours accompagnée par la voix murmurante et rassurante du héros qui est aussi innocent et fragile que vous face à l'inconnu.

Vous les trouvez téméraires ces antihéros, courageux à affronter comme ils font ce qu'ils sont, quand vous vous percevez comme étant plutôt lâche et timorée.

Vous les suivrez s'affronter aux pouvoirs qui les oppriment.

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