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Précaution

11 Décembre 2015 , Rédigé par Estelle Ogier

L'ÉCRIVAIN (poursuivant son obsession autofictive) — L’écriture est un échauffement pour la vie future.

MARIE (lisant l'obsessionnel écrivain) — La lecture est une garantie d'avenir.

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Culpabilité

10 Décembre 2015 , Rédigé par Estelle Ogier

Marie se culpabilise. Elle a voulu conserver une idée qui était susceptible de lui échapper sans crier gare.

Elle l'a enfermée cette idée dans son scriban-coffre en bois sculpté.

Marie est déçue. Les vers ont dévoré l'idée.

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Silence

9 Décembre 2015 , Rédigé par Estelle Ogier

L'idée s'approche silencieusement pour ne pas troubler la concentration de Marie.

L'idée trébuche sur la pile de livres entassés aux pieds de Marie.

Marie cesse de rêvasser, l'idée bruyante l'a dérangée mais s'est enfuie sans un mot.

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Dépression saisonnière

8 Décembre 2015 , Rédigé par Estelle Ogier

Inévitablement, chaque année, Marie affronte son pire ennemi : la dépression saisonnière. L'approche des Fêtes de fin d'année est perçue par elle comme une menace.

Son corps alors se décrispe, Marie laisse venir en elle les émotions et pleure alors tout le jour à chaudes larmes.

Comment lire alors sans tacher les pages de ses livres s'interroge Marie.

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Alerte intrusion

7 Décembre 2015 , Rédigé par Estelle Ogier

Quand une voisine te téléphone pour t'offrir du poisson frais pour ton déjeuner : alerte intrusion !

Quand ton regard croise celui d'un passant qui a l'air un peu louche : alerte intrusion !

Quand ton interlocuteur te contrarie : alerte intrusion !

Quand tu découvres la carte des résultats des élections régionales sur le territoire français : alerte intrusion !

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Antigone

6 Décembre 2015 , Rédigé par Estelle Ogier

« ANTIGONE
Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur ! Avec votre vie qu'il faut aimer coûte que coûte. On dirait des chiens qui lèchent tout ce qu'ils trouvent. Et cette petite chance, pour tous les jours si on n'est pas trop exigeant. Moi, je veux tout, tout de suite, — et que ce soit entier, — ou alors je refuse ! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite — ou mourir. »

Antigone — Jean Anouilh — Nouvelles pièces noires — Les Editions de La Table Ronde

Tu relis Antigone de Jean Anouilh et tu repenses au film Le fils de Saul de László Nemes que tu as visionné récemment dans une salle obscure.

Tu compares l'obsession d'Antigone de rendre les devoirs funèbres à son frère Polynice avec l'obsession de Saul de préserver le corps de « son fils », trouver un rabbin qui dira le kaddish et l'enterrer.

Tu es impressionnée par l'urgence de vivre qu'ont ces personnages de fiction.

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Bijou littéraire

5 Décembre 2015 , Rédigé par Estelle Ogier

Asseyez-vous confortablement. Prenez la bonne position pour vous. Respirez profondément. Écoutez maintenant. Enivrez-vous du parfum délicat du souffle dans les mots chevillardiens lus par le comédien Patrice Bornand.

La séance dure huit minutes. Vous acquiescerez à la démonstration subtile et raffinée que l'écrivain fournit pour ce qui concerne la cruauté humaine.

Vous soupirerez d'aise en vous laissant bercer par le rythme des phrases. Vous vous prendrez pour un animal-émissaire durant un instant mais vous réaliserez trop tôt que vous n'êtes qu'un homme — piteux.

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Vision cauchemardesque

4 Décembre 2015 , Rédigé par Estelle Ogier

Tu te promènes sur les berges du Canal du Midi et tu observes des bateaux en mauvais état qui s'amarrent aux berges. Certains semblent figés dans l'eau vaseuse depuis des décennies.

Tu passes le long d'une embarcation minuscule qu'on croirait abandonnée avec sa coque décolorée et ses bâches pendantes, tendues entre le mât et la bôme.

Tu crois entendre le son d'une radio à l'intérieur. Tu continues d'avancer. Tu te retournes et vois s'extirper une dame âgée de l'habitacle avec son chien.

Tu la regardes promener son chien le long du chemin de halage puis revenir se mettre à l'abri du froid et de la grisaille dans sa cabine exigüe.

Tu repasses le long du petit violier où se cache la dame âgée avec son chien. Tu vois sur le pont de son embarcation vermoulue une assiette et des couverts sales ainsi qu'une bassine d'eau propre à côté.

Tu te demandes comment s'organise-t-on dans la misère ?

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Incommode

3 Décembre 2015 , Rédigé par Estelle Ogier

Cette posture incommode que tu ne peux changer : ta vie.

Cette posture idéale que tu imagines : la mort.

Cette posture insensée que tu adoptes : ta bêtise.

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Le Fils de Saul

2 Décembre 2015 , Rédigé par Estelle Ogier

Saul, le porteur de secret, porte le cadavre d'un fils imaginaire qu'il cherche à enterrer pour qu'il échappe aux flammes du crématorium. Une obsession qui l'oblige à fixer son regard au-delà des scènes d'horreur dont il est forcé d'être le complice.

Saul désire enfouir sous la terre le corps de l'enfant mort dans la chambre à gaz comme s'il voulait le recouvrir avec une couverture protectrice durant son long sommeil.

Finalement, le garçonnet victime de la barbarie nazie sera bercé par les flots d'une rivière lors de l'évasion tragique de Saul.

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