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Toux infantile

28 Février 2014 , Rédigé par Estelle Ogier

Cet enfant est entré en toussant... cet enfant est resté en toussant... cet enfant n'a pas mis sa main devant la bouche... cet enfant a colonisé l'espace d'exposition de la galerie : beaucoup de bruyance. Cet enfant : cette agression. Les parents, inexistants. Inopérants. Cet enfant livré à lui-même, se livrant seul à sa propre folie. Moi, éprouvant une extrême répugnance.

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Le Nécrophile

27 Février 2014 , Rédigé par Estelle Ogier

« Car si les nécrophiles — ils sont si rares — se reconnaissent, ils ne se recherchent pas. « Ils ont définitivement choisi l'incommunicabilité et leurs amours transcendent dans l'incommunicable. »

Le Nécrophile — Gabrielle Wittkop

Je relis encore une fois cet étrange livre qui marqua si profondément ma recherche esthétique quant à la compréhension de mon imaginaire humain. Le personnage du nécrophile me transmet sa vision en pensant ceci : « Il n'y a qu'une seule chose sale : la souffrance qu'on peut causer. » Et je prends conscience que le nécrophile ne cause en effet nulle souffrance à ses victimes qui n'en sont pas. Serais-je honorée qu'on me rendît ainsi les derniers hommages ? Je n'en ai aucune idée puisque ma conscience aura disparu. Au delà de mon jugement.

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Soirée de peau

26 Février 2014 , Rédigé par Estelle Ogier

D'un côté, le libraire a une maladie de peau qui abîme ses mains que je découvre pour la première fois en dehors du cadre de la librairie ; en face, l'invité qui anime la soirée a la peau douce, incroyablement douce, trop douce... il n'aime pas Houellebecq... ce doux polémiste qui nous parle avec sa peau blanche et douce... le libraire aux mains rougies est touché comme moi par la prose houellebecquienne parce que l'écrivain, le poète est un écorché vif et cela, l'invité, le polémiste à la peau douce ne peut pas le concevoir... parce qu'il a la peau douce, trop douce. Le libraire a la peau rougie et moi-même qui brûle à l'intérieur et camoufle mes rougeurs, nous comprenons ce que sont les plaies suintantes de l'auteur de « La possibilité d'une île ». Nous comprenons ce qu'est le feu en nous-mêmes, ce qui nous consume, ce qui nous épuise.

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Désir

25 Février 2014 , Rédigé par Estelle Ogier

« Il n'y a rien qui excite tant le désir que l'éloignement de son objet. »

Bruce Bégout — L'accumulation primitive de la noirceur

Ici réside le paradoxe de la vie conjugale ou amicale ou personnelle. On veut fuir la solitude en s'attachant à ce que l'on est, à ce que l'on connaît, à ceux que l'on croit aimer. Mais la lassitude fait du ravage en détruisant toute forme de patience et de compassion. On finit par ne plus ressentir la culpabilité qui nous préservait contre l'horreur. On ne devient plus que le sujet de sa propre impatience.

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Sentier

24 Février 2014 , Rédigé par Estelle Ogier

Toujours marcher sur le sentier caillouteux qui mène nulle part ailleurs que loin de soi. Qui égare le promeneur qu'on est en le condamnant au mouvement continuel. Qui empêche le repos. Qui ramène les pas de l'homme qu'on est en arrière, qui le fait tourner en rond. Qui l'invite à ne s'engager sur le chemin que pour qu'il connaisse l'errance.

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En lisant Beckett

23 Février 2014 , Rédigé par Estelle Ogier

« Elles accouchent à cheval sur une tombe, le jour brille un instant, puis c'est la nuit à nouveau. »

En attendant Godot — Samuel Beckett

« Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent »

écrivit Louis Aragon que chanta Léo Ferré que j'écoutai un jour... un jour où tout arrive... un jour où l'on devient ce que l'on est... un jour où l'on veut aller de l'avant. En avant ! En avant ! En route pour sa prochaine agonie.

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Littérature

22 Février 2014 , Rédigé par Estelle Ogier

Chez toi, où que tes yeux se posent... des journaux dépliés et ouverts avec des lignes de marqueurs fluorescents... des livres en cours de lecture avec des trombones... des impressions au laser dont les feuillets sont agrafés... un ordinateur de bureau et un autre portable, une tablette et un téléphone portables... des dictionnaires aussi lourds que des nourrissons... partout des crayons à papier et des stylos à bille plantés dans des pots en verre... des livres rangés dans les rayons des bibliothèques au hasard des lectures... un désordre involontaire exclusivement basé sur tes recherches et tes découvertes. Un chaos fécond engendré par la littérature à laquelle tu te voues tout entière.

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Alchimie houellebecquienne

21 Février 2014 , Rédigé par Estelle Ogier

Quand le plaisir simple de l'émotion vient frôler votre perception immédiate du monde. Quand la puissance du symbole vous touche simplement sans façon... sans raison... sans peine... Quand un écrivain et un chanteur sont à vos côtés pour surmonter l'épreuve d'exister. Quand vous pouvez enfin vous abandonner à vivre sans complication. Quand la tendresse vous prend aux tripes.

Rencontre miraculeuse...

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« Oloé : espaces élastiques où lire où écrire »

20 Février 2014 , Rédigé par Estelle Ogier

J'en garde un de ces espaces élastiques où lire où écrire, une galerie de peinture à l'huile sur toile que j'ouvre quotidiennement au public. Un lieu lumineux et coloré au bord de la Méditerranée qui ouvre sur l'allée de la Conque qui mène à la plage noire parce que volcanique : la Grande Conque. Mais revenons à la galerie plutôt que de traîner sur la plage déserte à cette époque de l'année. A l'atelier de la Conque, nulle âme qui vive non plus, à l'assaut des chefs-d'œuvre personne ne veut courir. Je suis souvent seule à mon bureau face aux cimaises où sont exposées les tableaux mystérieux qui ne dévoilent rien des secrets d'enfance. Solitude idéale pour lire de la littérature pointue et écrire ce qui me fait renoncer chaque jour à ce que je crois être et me fait découvrir qui je suis réellement. Autour de moi les portraits photographiques de Brassens, Chevillard, Ferré et Brel qui veillent sur moi et sur le lieu. Lorsqu'entrent les visiteurs volontaires ou égarés, nous entamons une conversation à propos des œuvres accrochées aux murs de la galerie qu'ils découvrent et qui les intriguent. Puis nous ouvrons des livres d'art pour se ressouvenir d'autres créateurs qui furent à l'origine de nos émotions artistiques. Nous relions entre eux tous ces chercheurs d'invisible qu'ils tentent de rendre visible. Nous échangeons nos impressions d'éternité.

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Noyade

19 Février 2014 , Rédigé par Estelle Ogier

Tu agis aujourd'hui pour modifier ton avenir. Tu désires sortir d'une ornière pour en choisir une autre. Tu veux quitter une situation confortable et ordonnée pour connaître l'inconfort et le désordre. Tu imagines remanier un univers familier en t'évadant vers l'inconnu. Tu veux déménager ton enfer domestique. Tu souhaites renouveler l'eau dans laquelle tu te noies. Ton esprit inconstant te mènera ailleurs où tu pourras gémir autrement.

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