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Visage

21 Décembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

Je me demande comment mon visage a pu se créer de cette manière lors de l'embryogenèse puis comment il se défera d'une autre manière avec la mort. Meconnaissable.

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Agitation

20 Décembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

Les amis qu'on a de si près tenus quittent la maison ; seuls leurs mots et leurs rires restent dans nos mémoires en nous rassurant quant à notre capacité à nous émerveiller encore à propos de ce qui souvent nous apparaît comme incertain : la joie d'être ensemble, entre humains — consentants.

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Septuagénaire

19 Décembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

Ton homme fête ses soixante-dix ans aujourd'hui ; et toi, tu vis ton quarante-troisième hiver... Comment imagines-tu l'avenir toi qui n'a jamais su compter ? Tu peux seulement le remercier d'exister...

En lui offrant ceci :

Dialogue avec les cieux layettes

Un lieu incertain, un endroit clos par une perspective géométrique tronquée, des motifs célestes peints au mur, un divan, une table basse, des illustrés, un personnage (Sentinelle éveillée) assis roidement de profil fixe son regard sur le plafond, trois personnages (Avachis endormis) à ses côtés, assis de face en une pose sofalesque, les mollets de deux des quatre créatures sont emprisonnés dans le plateau de la table basse...

SENTINELLE. — Après avoir longtemps guetté les paysages extérieurs, leurs cieux layettes, tempêtueux ou rouge feu ou orangés, leurs nuits lunaires, planétaires, météoritiques, cométaires et stellaires... Je désire à présent guetter mon propre mystère enfoui en moi.

AVACHIS. — « Le noir ne résiste pas à la lumière mais la lumière n'est qu'un accident du noir. » (Michel Ogier)

SENTINELLE. — « L'esprit reçoit une infinité d'impressions [...]. Enregistrons les atomes comme ils tombent ; traçons le motif qu'ils dessinent, tout fragmentaire et décousu qu'il paraisse. » (Virginia Woolf)

AVACHIS. — « N'essaie pas d'oublier ! Souviens-toi ! Et ce à quoi tu aspires deviendra réalité. » (Ingeborg Bachmann)

SENTINELLE. — Je recherche la lumière qui s'effondre en moi pour laisser surgir les ténèbres.

AVACHIS. — Nous gardons les yeux fermés car le visible est atroce. Nous prenons la décision de nous aveugler volontairement.

SENTINELLE. — Je reste éveillée pour ne pas me désoler.

AVACHIS. — Nous sommes éreintés.

SENTINELLE. — Je mets fin à la plainte qui me consume en m'installant dans une position confortable et en faisant l'expérience d'une légère transe hypnotique, ma main relâchée reste suspendue au-dessus de ma cuisse.

AVACHIS. — Nous préférons nous endormir en laissant fleurir nos rêves qui feront des bouquets d'espoir.

SENTINELLE. — J'attends qu'expirent les nuages de mes illusions en soupirs de soulagement telle une fine pluie rafraîchissante.

AVACHIS. — Nous sommes rincés.

SENTINELLE. — Je guette l'instant de ma délivrance où je pourrai enfin fixer l'infini sans craind
re de disparaître.

AVACHIS. — Que faut-il faire de nos jours ? Que faut-il faire de nos nuits ?

SENTINELLE. — « Il n'est rien qui ne s'arrange par la pratique du non-agir. » Lao-Tseu

AVACHIS. — Nous sommes des éreintés pessimistes.

SENTINELLE. — Je suis bouleversée en m'approchant d'aussi près que je pourrais presque toucher mes illusions.

AVACHIS. — ...

Pour accompagner cela :

La salle d'attente, huile sur toile, 100x81cm (Michel Ogier)

La salle d'attente, huile sur toile, 100x81cm (Michel Ogier)

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Salle d'attente

18 Décembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

Jouissant d'une relative bonne santé étant donné le peu de contact physique que je subis, je ne suis pas coutumière de la salle d'attente de mon médecin généraliste. Je choisis un livre court des Éditions Cadex : « Billet pour le Pays doré » d'Éric Faye (préface d'Éric Chevillard) afin de ne pas perdre mon temps d'attente au sein du cabinet médical. Ah mais non ! Tu n'auras pas sitôt ouvert ce joli livre, illustré par Laurent Dierick, de la Collection Texte au Carré, que deux mères de famille décideront au même moment que leur progéniture est souffrante et que la visite "au docteur" s'impose... Ta lecture sera interrompue par des cris perçants, des rires, des sautillements, des gémissements, des vomissements, des réprimandes, des menaces, des câlins bruyants... Les phrases s'entremêleront pour donner une forme monstrueuse à la littérature : « L'homme eut envie de rester là ["Arrête de remuer comme un vers de terre !"] et de pleurer sur son sort ["Sors de la poussette !"], de les implorer à genoux ["C'est malin ça, j'ai du vomi plein les genoux !]. » Quand ce sera ton tour d'être reçue par le médecin, tu auras parcouru 37 pages qui seront le récit d'un accouplement étrange entre la fiction et le réel : tu auras la preuve que la littérature est vivante.

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J'estime

17 Décembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

J'estime qu'il faudrait finir par lui dire à Éric Chevillard, l'écrivain confidentiel mais fécond des éditions de Minuit, Fata Morgana, l'Arbre Vengeur et Argol, que ses fidèles lecteurs aux sourires extasiés sont épuisés par la lecture systématique de ses nombreuses publications fréquentes... J'estime qu'il faudrait se décider à lui suggérer la possibilité de remettre à ses fiévreux lecteurs un certificat d'assiduité offrant une reconnaissance de leur statut douloureux de collectionneurs compulsifs. J'estime qu'il faudrait reconnaître qu'elle est trop pointue cette littérature chevillardienne, au point qu'elle tatoue au fond des cerveaux à vif durant la lecture une fresque fantastique, coloriée, lumineuse — indélébile. Agissant ensuite telle une persistance rétinienne en bouleversant la vision du monde. J'estime qu'il faudrait s'échapper de la nébuleuse fantasmagorique et poétique dont Éric Chevillard est l'arpenteur. Mais n'est-il pas déjà trop tard ?

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Mémoire

16 Décembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

Au soir, rien ne reste des idées qui naissent grâce à l'alchimie mentale qui se produit dans le cerveau, les pensées évaporées ne forment pas de phrases limpides : je porte le nimbe transparent de l'inconnaissance.

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Recension

15 Décembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

Compte rendu critique d'une œuvre, d'un ouvrage dans une revue, un journal.
La Revue des lectures (mensuelle) est l'organe bibliographique qui publie certainement en France le plus de recensions de livres au cours d'une année (Civilis. écr., 1939, p. 34-6).

Trésor de la Langue Française

L'étude approfondie d'un texte littéraire dans l'idée de rédiger un compte rendu qui sera proposé à la lecture au public modifie l'appréhension qu'on peut expérimenter du désir de l'écrivain : a-t-il écrit son œuvre pour distraire le lecteur ou l'égarer ?

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Générosité

14 Décembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

Comme il est sage mon esprit lorsqu'il se tait et qu'il s'absorbe dans la contemplation des idées survenues chez les écrivains. Qu'il décortique leur idéal poétique. Qu'il perçoit le lieu et la formule, leur générosité.

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Prolixité

13 Décembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

« J’écris et je publie beaucoup, en effet, mais ce sont des réserves que j’accumule généreusement en prévision du long hiver de privations qui suivra ma disparition. Or vous verrez, en dépit de cette ardeur féconde, de cette prolixité : ça ne suffira pas pour tenir jusqu’à la fin des temps. »

Éric Chevillard

N'ai-je pas déjà écrit à ce propos ? Il me semble que si. Ici. J'envoie donc logiquement ma prose au diariste comme on lancerait une bouteille à la mer : pour le beau geste vers l'inconnu. En espérant qu'il ne me la renvoie pas avec un post-it rose bonbon : « Le rire ne dure que le temps de briser le cri. »

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Enfance

12 Décembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

Aussi loin soit l'enfance, je l'envisage encore les yeux écarquillés, la culotte sale, les genoux écorchés, la langue bien pendue ; toute maigre, toute bronzée, capricieuse, gourmande, excitée, insupportable, cette petite fille orpheline mais gaie que je fus. Il m'aurait fallu une bonne fessée pour me calmer. Ainsi, n'aurais-je pas tant cru au bonheur !

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