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Ah bon !

30 Novembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

Ah bon ! On ne peut pas parler de lithopédion dans un dîner en ville, cela ne se fait pas à table de décrire un fœtus calcifié dans l'utérus d'une femme... On risque de couper l'appétit de ses hôtes ?
Ah bon ! On ne peut pas chanter à tue-tête dans la rue, en se frayant un passage parmi les innombrables poussettes sur les trottoirs, un couplet de La nursery s'étend de Philippe Muray : « La nursery s'étend quand l'Histoire disparaît/La pouponnière croît quand la raison décline/La garderie triomphe de la lucidité/Douze coups ont sonné dans la nuit utérine »... On ruine leurs espoirs rose ou bleu layette ?
Ah bon ! On ne doit pas poster sur les réseaux sociaux des phrases tirées du Bréviaire du chaos d'Albert Caraco comme celle-ci : « Car la société n'est rien, c'est une forme et dont la masse de perdition sera le contenu, c'est la mêlée des somnambules spermatiques, (...) » ou celle-là : « Ainsi l'Enfer, loin d'être le néant, est la présence. » sous peine d'inquiéter ses amis virtuels ?
Tiens donc ! Il paraît que je ferais mieux d'aller me faire étreindre par Amma au Zénith de Toulon parmi 15 000 personnes qui trouvent le réconfort après un câlin de cette figure spirituelle indienne de renommée internationale qui naquit avec un teint bleu-foncé. Trop tard ! La billetterie de l'événement est fermée, la date est passée.
Tiens donc ! J'ai répondu présente pour fêter « La journée de la gentillesse » et partager sur Internet mon « action gentillesse » en publiant une photographie d'une madeleine au chocolat que je me suis offerte pour le goûter.
Tiens donc ! N'est-ce pas ce jour-là justement qu'Éric Chevillard a posté un billet sur son blog L'autofictif comprenant cette phrase : « On finit par quitter l’enfance, mais ceci ne cesse d’être vrai : c’est le doudou qui sent mauvais qui sent bon. »

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Consubstantiel

29 Novembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

CONSUBSTANTIEL, ELLE,
adj.
Consubstantiel à
A.− THÉOL. [En parlant des pers. de la Trinité] Qui est de même substance :
Ce qui demande pardon pour les Juifs sur la croix, c'est la Seconde Personne de la Trinité, le Fils coégal et consubstanciel [sic] au Père. Claudel, Un Poète regarde la Croix,1938, p. 72.
B.− P. ext., littér. Naturellement uni ou intégré à.
Il savourait une joie (...) consubstantielle à son âme (Malègue, Augustin,t. 2, 1933, p. 187).
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃sypstɑ ̃sjεl]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Av. 1405 [ms. du xves.] (Evr. de Conty, Probl. d'Arist., B.N. 210, fo308eds Gdf. Compl. : humidité consubstanciele); 1541 relig. (Calvin, Instit., 71 ds Littré : le Fils ... consubstantiel au Père). Empr. au lat. chrét. consubstantialis « de même nature, de même substance », notamment en parlant du Fils par rapport au Père et du Christ par rapport à l'humanité. Fréq. abs. littér. : 40.
DÉR.
Consubstantiellement, adv.D'une manière consubstantielle.
Le Fils est consubstantiellement uni avec le Père (Ac.1835, 1878).
P. ext., littér.
Cette transformation n'exige pas seulement l'instauration de structures sociales nouvelles (...) mais aussi, et consubstantiellement, une montée des forces de foi, d'intelligence et d'amour (Maritain, Humanisme intégral,1936, p. 99).
− [kɔ ̃sypstɑ ̃sjεlmɑ ̃]. Ds Ac. 1694-1878. − 1reattest. 1690 (Fur.); de consubstantiel, suff. -ment2*. − Fréq. abs. littér. : 2.

Le Trésor de la langue française

Je suis un peu surprise en ce moment : au cours de mes nombreuses lectures, je rencontre sans cesse ce mot qui m'amuse en faisant faire une drôle de gymnastique à ma bouche. Oui, j'avoue lire à haute voix.

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Pire

28 Novembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

Allons au pire : faisons de notre mieux. Rêvons...

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Comment je suis devenue gorafienne...

27 Novembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

À potron-minet, comme d'habitude, je faisais coulisser les baies vitrées pour aérer la maisonnée, je préparais mon petit-déjeuner et m'asseyais devant la table ovale en lamellé-collé de la cuisine sur laquelle était déjà posée ma tablette numérique. Une tasse de thé vert dans la main gauche et les doigts de ma main droite effleurant l'écran tiède, je m'aventurais au hasard, en territoire facebookien. Je lus ça : « Trop honte de son nouveau né, il photoshope les 317 photos de son enfant ». Mon esprit chavira ! Étais-je réellement éveillée ou dormais-je encore ? Que m'arrivait-il ? Je vis la photographie d'un homme, assis à son bureau, devant des écrans d'ordinateur, ôtant ses lunettes, se frottant les yeux, l'air éreinté. Je lus l'intégralité de l'article, ma stupéfaction fit place à mon incrédulité : quelque chose ne tournait pas rond au royaume de l'information ! Je comprenais qu'avec le mode rafale des appareils photographiques numériques on pût mitrailler sans s'en rendre compte mais tout de même, je m'étonnais que le photographe amateur et nouveau père eût besoin de prendre 317 clichés avant de s'apercevoir que son bébé avait un physique « disgracieux comme un furet sous stéroïdes ». Je me laissais aller à penser que décidément la parentalité rendait idiot. Je fis quelque recherche à propos du journal Le Gorafi qui publiait cet article. J'appris qu'il fut créé en 1826 par Jean-René Buissière, journaliste dyslexique. Je découvris qu'il était plébiscité pour la qualité et la rigueur de son information de sources contradictoires. D'autres titres attirèrent mon regard et attisèrent ma curiosité : « Il se lance le défi de vivre un an sans respirer et meurt violemment au bout d'1 minute 20 », « Facebook : Les descendants génétiques d’un réseau social de l’âge de Bronze parlent de plagiat »... Soudain, la vie m'apparut limpide. Je vivrais désormais à l'heure gorafienne. Je naviguerais d'éclats de rire en éclats de rire.

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Meurtrier

26 Novembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

« Tu es un meurtrier par émotion. »

Pierre Jourde

Je termine La première pierre de Pierre Jourde en partageant cette idée que l'écriture grave les émotions ressenties et aggrave celles de certains lecteurs qui ne peuvent s'empêcher de s'identifier aux personnages de fiction qu'ils sont devenus sous la plume acérée du voisin-écrivain. La littérature agit parfois comme une lumière trop vive qui vient chasser l'ombre où s'empoussièrent les secrets oubliés. Comment remettre en ordre ce qui a été déplacé ?

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Chaos

25 Novembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

« Quel enfant ne trouve pas dans le désordre et l'indistinction des formes une trace de cette chaleur du chaos originel auquel il aspire ? »

Pierre Jourde

Voilà où mène la littérature quand la langue française est utilisée à bon escient ! Voici comment l'auteur de La première pierre parvient à « éclairer le noir du pays originel, sans jamais en atténuer l'épaisseur » comme l'écrit si nettement Thierry Guichard dans Le Matricule des anges fraîchement paru à propos du livre.

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Cortège

24 Novembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

« Leur demeure, à eux, ce n'est pas seulement l'ombre et le froid des caveaux, ils ont droit à la tiédeur des mots dans la bouche, et l'intimité des livres est là pour accueillir, dans la demeure tranquille des pages, leur cortège harassé. »

Pierre Jourde

Comme un diamant noir, cette phrase brille de tous ses feux pénombreux.

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Accablant

23 Novembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

« Le spectacle est accablant. Une sorte de Nagasaki syntaxique, aggravé d'un Hiroshima orthographique. Pour l'orthographe, tu n'oses pas trop intervenir, soucieux de l'honneur de la police française, laquelle pourrait se gendarmer d'une remarque trop directe sur son analphabétisme. »

Pierre Jourde

Je retrouve après la lecture ancienne du fameux livre Littérature sans estomac, la puissance évocatrice de la verve jourdienne et le verbe percutant de l'ami intime d'Éric Chevillard, Pierre Jourde qui organisa cette année un colloque international consacré à l'œuvre chevillardienne. Je jubile. Je trouve par hasard cette phrase qui semble résumer ce que je lis dans cet étrange témoignage poignant rendu dans La première pierre :

On dirait une vieille haine, une haine de famille longtemps cachée et qui jubile d'éclater enfin (Sartre, Mort ds âme,1949, p. 264).

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Abécédaire

22 Novembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

Voici un lien vers une nouvelle aventure littéraire :

Nous sommes émus, nous les laudateurs sincères de l'œuvre chevillardienne, en lisant les premières pages de ce nouveau recueil qui enchante déjà notre imaginaire. Nos journées grises paraissent soudain plus lumineuses, une lumière presque aveuglante nous baigne soudain. La sombre réalité a moins d'importance maintenant que nous pouvons remettre du désordre au cœur de notre vie.

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Coquetterie

21 Novembre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

Regardez comme elle est bien mise cette phrase, coquette :

« Je regagnai les limbes où rien ne presse, où rien ne passe ni ne se passe, où rien n'éprouve notre impuissance, si bien que celle-ci ne nous est pas connue, et pénible moins encore. »

Éric Chevillard

Appréciez le don qu'il a, ce magicien, d'assembler les mots harmonieusement.

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