Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

En revenant de chez Lorette Nobécourt...

26 Octobre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

Depuis le début de l'atelier d'écriture, je frotte avec les doigts le caillou blanc sur la surface lisse duquel j'ai écrit au feutre violet le mot « Ego ». Les lettres commencent déjà à s'effacer à force de lissage. L'alchimie du Verbe a lieu sous mes doigts impatients. L'Ego a perdu sa densité colorée. Je peux écouter et être écoutée. Je suis prête.

Nous sommes assis autour d'une table sur laquelle s'amoncellent des livres usés et annotés : les lectures de Lorette. Nous écoutons attentivement ses paroles. Nous sommes tous là pour envisager autrement l'Écriture. Nous sommes prêts à nous dévoiler face à l'écrivain que nous avons choisi pour guide. Nous pensons qu'elle nous mènera exactement à l'endroit où nous refusons de nous rendre depuis toujours. Nous souhaitons faire l'expérience d'une confiance primitive que nous avons oubliée. Nous désirons passer du temps avec nous-mêmes en nous réconciliant avec ce que nous sommes. Nous voulons rompre avec l'usure des jours. Nous cherchons à nous installer dans une nouvelle posture face à l'existence.

Je fais glisser le caillou blanc entre les doigts de ma main gauche pendant que je tape avec un doigt de ma main droite sur l'écran de ma tablette numérique. Je ne suis jamais parvenue à écrire avec le clavier Azerty virtuel. Mes tentatives ont échoué. Je maîtrise pourtant parfaitement l'usage d'un clavier classique. Quelque chose en moi refuserait-il le progrès ? Je dois faire attention de ne pas laisser tomber le caillou sur la vitre de l'écran tactile. Mais je ne parviens plus à lâcher cette petite pierre. J'apprécie la frappe lettre à lettre avec un doigt. Cela suit la lenteur de mes idées qui arrivent sans fulgurance ni fracas. Tout ce qui tremble en moi au bout de mon doigt qui se muscle avec mon effort élémentaire : je m'autorise à l'articuler.

Nous sommes curieux des pistes de travail que nous propose Lorette. Bientôt, nous comprenons qu'elle souhaite nous voir descendre à la mine afin que nous excavions nos tunnels inconnus, ou nous regarder plonger au fond de nos mares nauséabondes ; ou nous observer marcher sur l'estran à l'endroit de notre déséquilibre. Nous trébuchons, nous nous asphyxions, nous nous ensablons. Mais nous ne renonçons pas cette fois-ci car nous nous sentons accompagnés et soutenus.

Le caillou blanc est toujours dans ma main gauche. Je me détends en me livrant totalement à l'inconnu qui ne m'effraie plus. Je prends conscience que je ne sers plus le Dieu de la colère mais celui de la confiance ; je fais confiance aux êtres humains qui sont en partance avec moi pour cette aventure intérieure. Rien ne coince, tout glisse, tout s'enchaîne. La chorégraphie est fluide.

Nous respirons ensemble. Nous synchronisons nos souffles. Nous demeurerons trois jours dans la clôture. Nous connaîtrons une réalité augmentée : nous nourrirons notre propre imaginaire avec celui des autres, nos compagnons écrivant leur solitude éprouvée et dérivant au gré de leur sincérité.

J'épelle le prénom de chacun : I.S.A.B.E.L.L.E. ; M.A.R.I.C.A. ; G.E.O.R.G.E.S. ; G.E.N.E.V.I.E.V.E. ; N.A.D.I.N.E. ; L.A.U.R.E.N.C.E.

Voir les commentaires

Il y a une vie possible comme auteur de sa propre fiction

21 Octobre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

Je m'autorise à devenir co-auteur de mon existence en écrivant ma propre fiction. Je distingue un nouvel horizon mais toujours lointain. Je me penche devant le puits d'inconnu que je désire sonder mais je ne m'envisage pas scaphandrier.

Voir les commentaires

Il y a une vie après Lorette Nobécourt

21 Octobre 2013 , Rédigé par Estelle Ogier

Il y a une vie après Lorette Nobécourt

Nous nous levâmes de nos chaises en bois et nous quittâmes la table que nous laissâmes encombrée des livres de l'écrivain. Nous abandonnions aussi l'auteur à son sort et à sa solitude.

Voir les commentaires