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Au fil des murs...

19 Mai 2013 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Au fil des murs, au fil des gens, je circule allégrement au sein du réseau social, sur les pages bleues et blanches qui glissent sous mes doigts impatients. Ma curiosité chaque jour est récompensée : la connaissance au bout de mes doigts vifs. Au hasard des vents profonds, je découvre d'autres esprits que le mien (âgé de 42 ans). Je surprends un visage sur une vidéo de l'INA (Institut National de l'Audiovisuel), partagée par un ami virtuel, celui de Serge Reggiani qui récite un poème de Charles Baudelaire : "Enivrez-vous". La joie arrive et les larmes jaillissent. Je m'élève en écoutant ces paroles : "Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise." Mes poils se dressent sur mes bras, le bonheur m'inonde comme la vague surprenante qui vient se briser sur mon corps imprudent et somnolent. J'existe totalement ! Maintenant !
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Le rêve éveillé du funambule. Impressions de lecture.

8 Mai 2013 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Guidé par la plume du jeune écrivain Clément Bénech, tel un félin sur la plus haute branche le jeune homme, héros de L'été slovène, dénommé « mon chat » (« Ça irait mieux, lui dis-je, si tu m'appelais un jour par mon prénom ») observe le monde avec ses yeux perçants et amusés : « C'est vrai, répondis-je froidement, c'est vrai que je suis un assez bon exemple d'un garçon tel que moi. » Un univers nouveau s'offre à lui puisqu'il voyage en territoire inconnu aux bras d'Éléna, « dont l'infantile n'avait jamais été le créneau », un mètre quatre-vingt-huit. Le lecteur souriant assiste au parcours intime des deux étudiants, jalonné d'indices de désamour, d'images percutantes de la désillusion, au romantisme amer mais joyeux. « Tout a l'air parodique avec toi, dit-elle. » « Tu sais bien que pour moi, tout ça n'existe pas, lui répondis-je, je ne crois pas que ça existe. » Il n'est que dans le rêve que l'étudiant préparant une thèse sur le lien en géographie s'y retrouve, qu'il sait donner une « importance symbolique » aux événements : le rêve du concept de linceul déclenché par la peur de la conduite automobile, le rêve du château suite à la visite au poste de police, le rêve de la baignoire survenant après une vision effrayante au centre aquatique (« On est passés devant un long miroir et je nous ai vus tout flasques, tout blanchâtres, tout morts »). Éléna quant à elle, après qu'ils aient fait l'amour, rêve d'une fille qui beugle. « Seulement (comme dans certains rêves où les choses sont remplacées par leur concept), je ne me serrais pas contre elle, non, je ne me serrais pas contre elle mais contre la fin de notre histoire. » La joie n'éclaterait-elle que dans le songe ? L'émerveillement n'envahirait-il que le dormeur ? Car « le dormeur n'en veut à personne ». La gaieté et l'espièglerie du narrateur qui somnambule dans L'été slovène de Clément Bénech aux éditions Flammarion ont la gravité de l'enfance. On apprend une leçon de vie à la lecture de ce roman : « Je me laissai aller à prendre tout ceci à la légère. »

 
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Clavier

5 Mai 2013 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Cet exercice quotidien de pointer du doigt le jour naissant comme pour le dénoncer ! Rétrécir le vaste monde sous les touches du clavier virtuel de la tablette numérique. Envisager un autre soi qui s'étend sur la Toile en se fabriquant une personnalité possible. Créer un instant quelque chose d'acceptable.
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Cape

4 Mai 2013 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Les parents qui sont fiers d'être des superhéros du quotidien s'interrogent-ils à propos du fait que leurs enfants ne tiennent peut-être pas à porter la cape eux-aussi ?
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