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7 Avril 2012 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Un homme sportif et son fils adolescent campent à bord d'un monospace Mercedes sur le parking face à ma fenêtre. Ils étendent leur linge sur un fil d'acier tendu entre le combi flambant neuf et un poteau signalétique rouillé, ils cuisinent sur un réchaud posé à fleur d'asphalte, ils se lavent au gant de toilette à l'eau d'un jerrican — muni d'un robinet — placé en équilibre sur une pierre de lave. Ils se déplacent en vélo tout terrain. Durant quelques jours je partage visuellement l'existence de ces bourgeois bohèmes qui décorent mon paysage. 

 

Encore un peu de pluie pour rafraîchir mon idée. 

 

HUYSMANS — Baudelaire était allé plus loin ; il était descendu jusqu'au fond de l'inépuisable mine, s'était engagé à travers des galeries abandonnées ou inconnues, avait abouti à ces districts de l'âme où se ramifient les végétations monstrueuses de la pensée. 

BAUDELAIRE — Ô fangeuse grandeur ! sublime ignominie !

MARIE — Quel enthousiasme ! quelle fraîcheur ! 

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6 Avril 2012 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Delphine souffre de fangophobie, elle a peur de la boue. Quand il pleut, elle ne sort plus de chez elle et ne reçoit personne. Elle craint la nature et ses salissures. 

 

Delphine se souvient qu'elle est une masse de boue dans les mains de Dieu. Ce qu'il fait d'elle ne lui plaît pas. Elle refuse obstinément de s'abandonner dans les mains malhabiles de son créateur. 

 

Delphine veut se transformer entre ses propres mains. 

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5 Avril 2012 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

L'Etna est entré de nouveau en éruption mais ma peau reste calme. Ma peau volcanique est en sommeil tandis que le volcan sicilien se réveille. Je m'émerveille de la puissance naturelle qui ne me détruit pas. 

 

Ma peau qui s'enflammait sans raison a cessé d'occuper mes pensées avec ses démangeaisons. 

 

Je peux enfin me fuir moi-même sans me gratter. 

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4 Avril 2012 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Marie voudrait changer d'air, elle hésite entre participer à un tour du monde des plus prestigieux volcans actifs de la planète ou suivre une retraite religieuse en monastère. La chambre d'hôtel confortable ou la cellule, les joyeux randonneurs ou les sœurs exaltées, l'excursion ou la récollection. Itinérante ou retraitante. 

 

Marie souhaiterait ardemment découvrir ce qu'elle se cache à elle-même. 

 

Faire enfin connaissance avec soi-même. 

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3 Avril 2012 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Il aura passé sa vie à observer les volcans du monde entier, à gravir leurs flancs, à explorer leurs cratères, à éviter leurs bombes, à respirer leur gaz. Aujourd'hui, il marche encore, le corps penché et voûté, sur la lave à peine refroidie des volcans qu'il ne quitte jamais. Il aura voyagé autant que possible vers l'impossible sans pouvoir aller au-delà... 

 

Pourtant, un jour, il ira au-delà en plongeant au fond d'un cratère dans un lac de lave. Son corps épuisé fusionnera avec la matière en fusion. Il se liquéfiera. La fluidité de sa mort sera son triomphe. 

 

Pedro fabriquera un cendrier qu'il vendra au touriste en prélevant de cette lave qu'il laissera se solidifier à l'air. 

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2 Avril 2012 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

À une heure avancée de la journée, le grand célibataire ouvre les yeux au jour et quitte la multitude d'êtres qui peuplent ses rêves nocturnes. Il ira seul encore aujourd'hui découvrir le monde entre ses quatre murs. 

 

Écrire en plein soleil et se ficher de l'ombre. 

 

Toutes nos photographies que nous collectionnons parce qu'elles sont l'architecture visuelle de notre histoire personnelle, la bande-annonce de notre existence. 

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1 Avril 2012 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Puisqu'il en est ainsi, je vais l'écrire dans mon journal. Je trouverai les mots pour le dire ce drame existentiel que je vis avec angoisse...

 

Mais d'abord, je vais parcourir les cimetières à la recherche du temps qu'ont perdu les gens quand ils étaient vivants, je vais photographier leurs regrets. 

 

Je connaîtrai l'ivresse d'exister en arpentant les allées plantées de cyprès qui ombragent leurs lits de marbre. 

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