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31 Mars 2012 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Cet écrivain n'a parfois rien à dire dans son journal en ligne mais il l'écrit si bien qu'on ne désire plus connaître en le lisant que la chose écrite même si elle est insensée. 

 

Cette femme assise sur le muret en basalte derrière la vitre sans tain de mon salon ne parvient pas à détacher son regard inquiet de la surface qui réfléchit son visage. Elle ne se quitte plus des yeux. Son reflet et elle se fascinent. Ses yeux rivés à ses propres yeux. Elle se lève soudain puis s'enfuit en boitant. Je garde le souvenir de cette âme douloureuse. 

 

Plus tard, la femme dont je me souviens repasse devant la vitre sans tain. Elle ne se voit plus. Elle tente de marcher avec des béquilles. J'oubliais de préciser que mon voisin exerce la profession de kinésithérapeute. Le muret en basalte est sa salle d'attente. 

 


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30 Mars 2012 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

BARBEY D'AUREVILLY — une âme malade d'infini dans une société qui ne croit plus qu'aux choses finies. 

MARIE — On parle de toi Aimé. 

AIMÉ — Enfin !

 

Le printemps est là... ses faux espoirs aussi. 

 

Les heureux propriétaires avaient de l'argent à ne savoir qu'en faire. Ils passèrent leur temps à s'en défaire. 

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29 Mars 2012 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Marie photographie ce qui éveille sa curiosité au-delà de ce que son regard déplore. Son appareil numérique saisit des vues qui révèlent les secrets qu'emprisonnent les choses et les gens. Ainsi, tout paraît plus net. 

 

Le grand célibataire n'a pas accès à l'enfer de la bibliothèque qu'il ne possède pas. 

 

Je m'étonne encore de la naïveté des parents qui mettent un enfant au monde qu'ils vont s'ingénier à lui cacher sans arrêt. Si les parents voulaient épargner leur enfant, il ne fallait pas leur donner la vie qu'ils savent cruelle. 

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28 Mars 2012 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Au crépuscule, la spectaculaire conjonction planétaire entre la Lune, Vénus et Jupiter. Au sein du couple, la désunion. 

 

Eugénie et Marius ont décidé de quitter la scène sociale, ils ne vont plus manger au restaurant. Ils préparent de délicieuses salades de lentilles qu'ils consomment, assis sur de grosses pierres plates ou des bancs, à l'abri des regards, sous les arbres. La nature dépeuplée devient le nouveau théâtre de leurs disputes.

 

Heureusement parfois, leurs rires font fuir les rares oiseaux — solitaires.  

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27 Mars 2012 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Bientôt nue sous la surface lisse de la mer tiède, avec le ciel pour témoin de son bonheur, Marie dira « oui » à ce monde fantastique mais qui est envahi progressivement par les ténèbres. 

 

Marie finira par accepter l'inacceptable mais jamais elle ne donnera corps à ce « oui » en mettant au monde un enfant. Il ne faut pas exagérer.

 

Marie ne pense pas que le monde échappera aux ténèbres. Elle leur dira « oui » aussi... un jour prochain. 

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26 Mars 2012 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

La mégère cherche le mot « irascible » dans le dictionnaire de la langue française. 

 

Plus je crois me connaître moins je mise sur ma réussite. 

 

Marie achète une vierge Fiat à sœur Magnificat. Marie dira-t-elle, pour autant, « oui » à la vie ?

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25 Mars 2012 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Hubert n'était jamais à court d'argent, d'arguments, d'idées, d'inspiration, de bons mots, d'amitiés, de générosités, de plaisanteries, de politesses... mais un beau jour, il fut à court de papier toilette... honte sur lui !

 

Une fillette de quatre ans projette des couleurs qu'elle mélange avec ses mains sur une toile posée au sol. Les murs, le plafond, le plancher, la baie vitrée, les vêtements et la peau de la petite sont recouverts de peinture. Tout autour d'elle et sur elle est sali de peinture. Les toiles de la gamine se vendent plusieurs milliers de dollars dans les galeries new-yorkaises. 

Rien ne vaut la peine de rien

Il n'y a plus rien... plus, plus rien

Merci à toi, Léo Ferré. 

 

Parfois, je suis confuse, l'idée fuse puis se refuse à rester. 

 


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24 Mars 2012 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

La joyeuserie de mon âme ce matin orageux m'inquiète et me pousse à croire au miracle qui n'existe pas. 

 

Yvette, ma défunte mère au visage désœuvré, me regarde depuis le passé rédiger ce billet que j'envoie vers l'avenir. 

 

Le portrait d'Yvette, dans son cadre doré à l'or fin, est cloué à un pilier face à une baie vitrée qui donne sur une allée passante du bord de mer : j'imagine qu'elle cesse parfois de me fixer en train d'écrire à ma table de travail pour voir dehors passer les gens qu'elle ne croisera jamais. 

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23 Mars 2012 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

On n'est jamais assez attentif. On me fait judicieusement remarquer que toutes les chroniques d'Éric Chevillard publiées sur ventscontraires.net comportent le mot « douceur ». On me dit d'en profiter. Je m'exécute en relisant les textes du chroniqueur. Je constate en effet que l'écrivain souligne la douceur nouvelle des choses à la fin de chaque court récit composant sa rubrique « De qui se moque-t-on ? ».

 

On n'est jamais trop prudent. Comment éprouverai-je la douceur nouvelle des choses si je n'ôte pas, si je ne plafonne pas, si je ne suspends pas, si je ne dégonde pas, si je n'ampute pas, si je ne chauffe pas, si je ne volatilise pas, si je ne jette pas, si je ne me vide pas ?

 

Décidément, on n'est jamais assez vivant. 

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22 Mars 2012 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Marie se demande pourquoi elle a pris le parti d'accepter l'intolérance de nos sociétés humaines, de ne plus s'étonner de la cruauté, de la bêtise, de l'hypocrisie. Marie prend conscience qu'elle est bonne joueuse, elle ne fait qu'accepter les règles du jeu social. 

 

L'effroyable réside ailleurs probablement au cœur du mystère qui refuse de se dévoiler à notre compréhension étroite d'animal triste. 

 

Le grand célibataire cherche l'âme sœur en surfant sur un forum pour suicidaires. 

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