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31 Mars 2011 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

D'un truc l'autre, ainsi va l'ennui. D'un truc l'autre, ainsi va le souci. 

 

Le dessinateur regarde sa feuille à dessin vierge en pensant : tout ce blanc qui attend... Avançant à tâtons dans l'inconnu, avec une mine de plomb, le créateur ordonnera les forces invisibles qui gouvernent le monde et les rendra visibles. Il dessinera la beauté : il dessinera juste. 

 

Durant la nuit, à la terrasse de mon rêve, on me vole un sac à main (oublié depuis des années dans une malle au garage en réalité)... C'est effrayant !... Un voleur se cache parmi les habitants de mes songes... Qu'on l'arrête !

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30 Mars 2011 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Il n'y a pas de pâquerette dans la bouche des morts... que des racines de pissenlits. 

 

Le collectionneur européen de petites culottes japonaises usagées fait des économies : les jeunes étudiantes Tokyoïtes font monter les enchères en commercialisant sur Internet leurs sous-vêtements qu'elles emballent dans des sachets de plomb... des collectors !

 

Il est vrai que la douleur s'atténue avec le temps... on s'éloigne de l'enfance... la douleur qui était localisée... on s'éloigne de l'adolescence... la douleur qui était précise... on s'éloigne de la jeunesse... la douleur devient généralisée et vague. 

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29 Mars 2011 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Devant la vitrine de la galerie de peinture, les yeux humides de l'homme épais, fruste, lourdaud qui s'émeut de la contemplation d'une toile, il voit : un visage et une main posée sur l'oreille qui sont emprisonnés dans un coquillage, un être impossible, imaginaire qui semble écouter les étoiles. L'homme qui pleure devant la peinture désirera aussi ce soir écouter les étoiles... attentif... poète. 

 

« ma vraie devise d'homme : me penser moi-même le moins possible, et penser toutes choses », formulait Alain. Encore un conseil que je ne suis pas prête à suivre, s'amuse Marie.

 

Le printemps revenu, les culs-nus achètent leur carte d'accès au camp naturiste où les textiles, gardiens de la morale et de la pudeur les parquent pour la saison. 

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28 Mars 2011 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Au retour d'une promenade au bord de la mer, je me réjouis d'entendre les enregistrements de mes paroles inspirées que j'ai chuchotées au dictaphone dont je ne me sépare jamais. Quelle déception : l'horrible souffle du vent furieux couvre ma voix inaudible. Je range mon enregistreur de vent dans ma poche - dépitée. 

 

Parfois, je regrette un peu de devoir mourir avant la chute de notre civilisation moderne. Assister à la disparition des grands prédateurs inconscients et avides que nous sommes. Et entendre une seconde l'immense soupir de soulagement des autres espèces : « Ouf ! » Que de joies animales, minérales et végétales éclateraient, tous ne se sentiraient plus de joie, quelle ivresse de tous les règnes ! La vie sans l'artifice humain suivrait son cours comme nous serions redevenus une vague hypothèse cauchemardesque. 

 

Elle guette dans le ciel gris une éclaircie pour illuminer la sombreur de ses pensées. 

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27 Mars 2011 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Moucher le nez d'un enfant, torcher le derrière d'un enfant, sécher les larmes d'un enfant, boire les paroles d'un enfant, bercer un enfant de promesses. Être la matrice qui t'a engendré, être la main qui te soigne, être la main qui te guide, être la main qui te corrige, être le cerveau qui te pense, être le cerveau qui projette ton image dans l'avenir, être l'esprit qui te ment, être toi pour me quitter enfin. 

 

Le rimeur du dimanche, faiseur de vers marche sur la grève : on le voit compter sur ses doigts boudinés, tripatouiller la langue de Molière, ouvrir la bouche avec les mots sur le bord des lèvres, baver. 

 

Le soir venu, Marie tombe de sommeil, fatiguée de n'avoir pas assez vécu. 

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26 Mars 2011 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

Marie fut hospitalisée, lisons son bulletin de sortie délivré par le C.H.U. (Centre Hospitalier Universitaire) : entrée à 8h47, sortie à 14h14. Juste le temps pour elle de voir défiler au pied de son lit high-tech d'hôpital une ribambelle de blouses blanches (jeunes aides-soignantes, jeunes infirmières, jeune diététicienne, jeune externe, jeune interne, jeune chef de clinique). Toutes ces jeunes personnes venues à tour de rôle réviser leurs cours à son chevet. Marie fut pendant quelques heures le sujet de leurs travaux pratiques. Marie avait le blues, nue, face à cette jeunesse en blouse - étudiante. 

 

« La pièce était-elle ou non drôle

Moi si j'y tenais mal mon rôle

C'était de n'y comprendre rien », poétiserait Louis Aragon s'il voyait Marie pleurer en mangeant une choucroute froide, servie dans une barquette en plastique, sur un lit high-tech d'hôpital, devant le poste de télévision qui retransmet en direct une explosion, qui a lieu au coeur du réacteur d'une centrale nucléaire, sur une île lointaine. 

 

Au lieu que Marie ait dormi dans un lit high-tech à l'hôpital, elle sera rentrée à son domicile pour reprendre ses lectures entamées et le cours de sa vie.

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25 Mars 2011 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

(Albert Moindre se gratte la tête avec son stylo à bille et regarde ses pellicules tomber sur son cahier d'écriture dans lequel il dévoile les réussites de Dino Egger dont nous serions fiers s'il avait existé.)

 

140) L'eggerothèque où sont rangés et classés les livres à propos de tout ou presque que Dino Egger n'aurait pas manqué d'écrire et de publier. 

 

141) Le mimosa immarcescible.

 

142) La chaleur du marbre. 

 

Suite des billets 164, 169, 178, 213 et 214. Pour amateurs éclairés de la prose d'Éric Chevillard, auteur de Dino Egger aux éditions de Minuit. 

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24 Mars 2011 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

La beauté éphémère des patients souffrant de dermatose atopique est émouvante car elle surgit un jour lors d'une accalmie somatique. Puis elle disparaît soudainement... des rougeurs violacées apparaissent alors sur la peau et leur marbrent le corps et le visage qui se défigure. 

 

Une araignée de sable décorée avec des coquillages fut abandonnée sur la plage à la fin de l'après-midi par les enfants distraits qui l'avaient faite... Au soir... elle reviendra les hanter dans leurs rêves de jeux ensoleillés et doux. 

 

L'insuffisance de la vie à combler une âme qui se creuse comme la mer devient mauvaise. 

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23 Mars 2011 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

(Albert Moindre a vu en rêve le monde selon Dino Egger.)

 

137) L'apparition du pixel biodégradable. 

 

138) Le risque zéro.

 

139) La jouissance une bonne fois pour toutes. 

 

Suite des billets 164, 169, 178 et 213. Pour amateurs éclairés de la prose d'Éric Chevillard, auteur de Dino Egger aux éditions de Minuit. 

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22 Mars 2011 , Rédigé par Estelle Ogier Publié dans #childfree

(Albert Moindre fouille sa narine gauche avec un doigt. Il note les recherches qu'aurait pu faire Dino Egger s'il avait existé.)

 

134) Le château de sable indestructible.

 

135) La dépression synchronisée.

 

136) L'élégance humaine. 

 

Suite des billets 164, 169 et 178. Pour amateurs éclairés de la prose d'Éric Chevillard, auteur de Dino Egger aux éditions de Minuit. 

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